Pourquoi le gouvernement ne consulte-t-il pas la base?

 Pourquoi le gouvernement ne consulte-t-il pas la base?

Le gouverment aurait dû consulter le corpus national, en conformité avec la constitution, selon laquelle, le Gabon est attaché à ses valeur traditionnelles profondes.

Le débat sur la réforme du Code civil gabonais que vient d’introduire le gouvernement, suscite l’attention de tous, dont les parlementaires, en grande majorité, affidés au pouvoir. On présage déjà qu’ils voteront massivement pour cette réforme, mais des voix discordantes s’élèvent, tant il est un peu difficile de soutenir la démarche gouvernementale, trop peu versé à agir sans avoir à consulter la population, en conformité aux textes fondateurs de la République.

La sortie, le 10 avril 2021, de l’honorable Estelle Ondo, ancienne ministre de la Famille, chargé de l’égalité des chances et de la décennie de la femme jusqu’en 2018 et député indépendant du 2ème siège d’Oyem, dans le Woleu-Ntem, prouve la gêne qu’il y a à soutenir, en tous point l’initiative de l’Exécutif, dont elle est proche pourtant. Pour elle, en effet, « l’annonce de la réforme du Code civil consacrant plus de droits aux femmes aurait dû être précédée de la mise en place de l’observatoire de l’égalité homme-femme ».

Selon la parlementaire, un tel organisme aurait permis de solliciter la masse critique nationale pour avis et orientations sur les différents points de la réforme et éviter les incompréhensions.

La parlementaire a donné son point de vue, s’appuyant sur les « réactions aussi diverses que mitigées » enregistrées depuis l’annonce de la de la réforme du Code civil accordant plus de droits aux femmes. Estelle Ondo aurait souhaité, avant l’annonce de la réforme, « la mise en place de l’observatoire de l’égalité homme-femme afin de solliciter la masse critique nationale pour avis et orientations sur les différents points de la réforme. Cela aurait évité les incompréhensions que nous observons », estime-t-elle.

Pour, l’ancienne ministre de la Famille, «la réforme qui est proposée aujourd’hui par le gouvernement a pour objectif d’améliorer de manière significative le statut de la femme, de régler la question de l’égalité homme-femme et de lever dans notre corpus juridique toutes les dispositions qui la discriminent ». Elle argumente que les dispositions qui existent dans le Code civil, à l’instar de celles relatives au mariage, discriminent la femme, « notamment la disposition relative à la qualification des critères de l’adultère, C’était tout simplement injuste pour la femme », pense-t-elle.

L’un des points les plus querellés concernant le nouveau projet de texte, porte sur la suppression de la notion de chef de famille. Pour Estelle Ondo, en plus d’améliorer le statut de la femme et ses droits, cette suppression vient harmoniser les rapports entre l’homme et la femme dans le foyer. Chrétienne, Estelle Ondo gênée toutefois, se justifie : «Il est vrai que la Bible nous enseigne que l’homme est le chef de famille pour les chrétiens, à mon sens la réforme ne changera pas les rapports  entre les deux conjoints dans le foyer,  l’homme et la femme connaissant  leur place».

Ceci semble ramener le débat à son point de départ, Estelle Ondo sachant qu’on ne déplace pas la borne ancienne et que ce que Dieu a établi, l’homme n’a pas le droit de le changer, Dieu étant un Dieu d’ordre.

La députée affirme : « En réalité, le plus souvent dans la pratique, les époux gèrent conjointement le foyer. Ils prennent les décisions ensemble sans se battre et en toute responsabilité. La notion de chef de famille, même si nous l’enlevons, la femme connaît sa place. Néanmoins si elle veut sortir de son rôle d’épouse, ce sera à ses risques et périls. Le mariage n’est pas un champ de guerre… » Comme si, pour elle, on avait-là de défoncer une porte ouverte.

Le risque que le gouvernement prend étant effectivement de transformer le foyer en champ de guerre, le mariage étant conçu comme une organisation. Et toute organisation est bâtie sur la hiérarchisation des rôles. Le gouvernement, qui est une organisation, ne dira pas le contraire. Il a bien un chef, le Premier ministre. Alors, on va où là ?

D’autres dispositions portent notamment sur la qualification identique de l’adultère, la gestion de l’enfant mineur non émancipé, le choix du domicile, etc.

Mais, tout compte fait, le gouvernement coure le risque d’aller trop vite en besogne, ne se conformant pas au jeu des rôle dans la société et voulant, plaquer, sans y réfléchir, ce qui se dit ailleurs.

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