La bourse scolaire: une initiative salutaire galvaudée par les émergents

 La bourse scolaire: une initiative salutaire galvaudée par les émergents

La bourse scolaire, octroyée depuis des décennies aux élèves des lycées et collèges de l’enseignement secondaire général et technologique du public, avait été mise en place dans un cadre spécifiquement social. L’objectif premier était de venir en aide aux familles défavorisées dont les enfants ont réussi à accéder au cycle secondaire. Cette bourse s’obtenait avec l’entrée en classe de 6ème, donc la réussite au concours en classe de CM2 (5ème année). L’autre objectif par la suite était celui de féliciter et d’encourager les élèves qui réussissaient à obtenir au minimum la note trimestrielle de 10/20.

Une gestion approximative et inappropriée de la dotation budgétaire

Gérée spécialement par la présidence de la République via les services du trésor public, l’on avait souvent du mal à connaître exactement le montant total envoyé à travers l’ensemble des établissements secondaires du territoire national. Une incertitude par laquelle certains responsables d’établissements profitaient pour gonfler le nombre d’admis dans les listes envoyées au ministère de l’Éducation Nationale. À cela, il fallait ajouter les noms qui n’existaient pas du tout. Ainsi, de nombreux responsables d’établissements en ont profité pour détourner énormément d’argent sans être inquiétés. D’autres sont d’ailleurs parvenus à détourner des bourses trimestrielles entières destinées aux élèves. Autant de raisons ajoutées aux nombreux détournements d’argent dans l’appareil administratif de l’Etat, qui auraient justifié la mise à mort de la bourse scolaire, jadis considérée comme une exception au niveau de l’Afrique.

La réforme plutôt que la suppression définitive

Il y’a quelques années, les émergeants ont profité d’une vague de manifestations au sein du secteur éducatif pour d’abord suspendre le paiement de la bourse, annoncer des réformes pour son attribution et plus tard, définitivement annoncer sa suppression. L’art de la distraction ! Pourtant, une réforme du système d’attribution de cette bourse scolaire aurait pu suffir. En effet, la note à l’examen d’accession en classe de 6ème qui permettait d’être un boursier aurait pu être fixée à 7/10 au moment de l’examen du concours de passage en 6ème. Et celle du secondaire être de 12/20. De ce fait, cela aurait suscité chez les apprenants un sursaut d’effort dans le travail. Ainsi, ne récompenser que Ceux-là qui auraient eu le mérite d’atteindre la note trimestrielle fixée.

La gestion approximative de cette manne budgétaire qui a pourtant fait la fierté du Gabon jadis, s’en est allée de mal en pis. Le jeu du chat et la souris a permis aux émergeants de supprimer de façon malicieuse une bourse qui soulageait tant bien que mal de nombreux parents d’élèves.

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