Brice Laccruche Alihanga et la fabrication de faux documents administratifs

 Brice Laccruche Alihanga et la fabrication de faux documents administratifs

Le tribunal correctionnel de Libreville entend, ce 29 avril 2021, Brice Laccruche Alihanga pour faux en écritures publiques, faux et usage de faux, selon les précisions recueillies par le quotidien L’Union auprès des services d’enquête ayant instruit le dossier au niveau préliminaire.

Effectivement, ainsi que s’en étonnait son avocat, Me Anges Kevin Nzigou, ce n’est pas pour les faits de détournement de fonds publics pendant que l’ancien directeur de cabinet d’Ali Bongo travaillait à la présidence de la République qu’il comparaît ce jeudi à la barre du tribunal correctionnel de Libreville, mais pour « s’être fait établir de faux documents administratifs liés notamment à sa filiation ».

Les services de renseignement ayant mené les investigations jettent, en effet, un doute sur le certificat de nationalité et l’acte de naissance faisant de Brice Laccruche Alihanga, le fils de Louis André Laccruche Alihanga, ancien haut dignitaire de l’Etat gabonais, à la retraite. Aujourd’hui, les services de la justice voudraient plutôt soutenir qu’il est le fils naturel de Norbert Fargeon et d’Elisabeth Dupont, deux citoyens français.

Ce qui paraît rocambolesque dans l’histoire, c’est que ce fait, les journaux l’ont, moults fois, dénoncé pendant que l’homme était tout-puissant dircab du chef de l’Etat, chargé à l’époque, de gérer des dossiers sensibles du pays. Mais personne n’y criait gare.

De plus, le père Alihanga vit encore et a toujours été vu comme un homme probe, à classer dans la nouvelle bourgeoisie gabonaise. Comment a-t-il supporté cette filiation qu’on lui attribuait, sans prendre aucune disposition légale, pour ce fils comme pour l’autre, ancien maire de la commune d’Akanda. Et même, ayant eu le contrôle du pouvoir, pourquoi BLA n’a pris aucune disposition à l’époque, pour que ce soit de la prison que qu’il se démène à se faire établir des documents d’État-civil ? 

 Autre question, Brice Laccruche Alihanga ayant sa carte grillée au Gabon, pourquoi a-t-il cherché à se faire délivrer des papiers qui ne l’avantagent en rien, comme un passeport gabonais, alors que les documents français l’aideraient dans la plaidoirie de sa cause, s’il revendiquait la nationalité française ?

Quoiqu’il en soit, le débat va être houleux à la barre du tribunal correctionnel de Libreville, si déjà il ressort que le prévenu n’était même pas, jusqu’à ces dernières heures, au courant des faits pour lesquels il devait comparaître. Au moins, il est clair que la prison ne dispose pas nécessairement des moyens de reproduction des documents administratifs. S’ils ont donc été fabriqués, c’est depuis l’extérieur, pire, dans les administrations habilitées. Alors, qui a établi ces faux, pour les livrer à Brice Laccruche Alihanga ? Parce que, sur un passeport, il faut sa photo et sa signature, avec ses empreintes digitales. Tout un travail qui nécessite son déplacement de la prison. Est-ce cela qui s’est passé ?

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