À deux mois de la CAN : “Les Camerounais fuient le vaccin contre le Covid-19 comme si c’est la peste”

 À deux mois de la CAN : “Les Camerounais fuient le vaccin contre le Covid-19 comme si c’est la peste”
À deux mois de la Coupe d’Afrique Total Energies qu’il accueillera, le Cameroun est plus que jamais engagé dans une forme de course à la montre afin de présenter toutes les garanties d’une organisation qui ne souffrira d’aucune anomalie. Et à ce sujet, la pandémie de la COVID-19 est d’un enjeu véritable.

Selon les données des autorités sanitaires camerounaises, seulement 1,1 % de la population cible est complètement vaccinée. Pour le directeur général d’un centre hospitalier situé dans les environs de Douala, “les Camerounais fuient ce vaccin comme la peste”, s’est-il indigné.

Défiance dans tous les segments de la société

Malgré l’intensification d’une campagne de vaccination en juillet, seulement 180 000 personnes se seraient complètement vaccinées sur une population de 27,2 millions. Et selon les données du Programme élargi de vaccination (PELV), la région anglophone située au Sud-ouest du pays et celle du Nord-Ouest, affichent les plus bas de taux de vaccination.

” Le Covid-19 rend stérile, tue, fait gonfler les testicules des hommes, détruit des organes du corps, rend fragile à vie… Je ne peux pas accepter ce truc dans mon corps”; ‘Jamais je ne me vaccinerai. Je ne veux pas mourir ou devenir stérile”; “le sida et le paludisme nous tuent et les Blancs ne créent pas de vaccins”; sont autant de justificatifs que brandissent les populations appelées à se faire vacciner.

Une stratégie vaccinale à repenser

 “Les populations tirent leur information principalement des réseaux sociaux où certains professionnels de santé diffusent des informations contradictoires vis-à-vis des vaccins. De ce fait, il y a une hésitation que la communication gouvernementale peine à contrer. Le Cameroun devrait déployer une communication plus agressive, à tous les niveaux de la société . Il faudra aussi aller au contact des populations avec des vaccinodromes, mais aussi des équipes mobiles capables d’assurer la sensibilisation, le dépistage, la vaccination des personnes testées négatives et la prise en charge de celles testées positives”, a indiqué le professeur Yap Boum, représentant régional d’Epicentre, la branche Recherche et épidémiologie de Médecins sans frontières (MSF).

Désormais au Cameroun, la COVID-19, la Rougeole, le Paludisme et le choléra font office de préoccupations sanitaires. Mais face à la méfiance au vaccin constatée au sein de la population, les autorités camerounaises sont censées prendre des décisions qui puissent accélérer le processus de vaccination.

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